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8 mai 1902 – Un peu d’Histoire… par Grégory Duval

montagne pelée Martinique

Le 8 mai 1902, vers 8 heures du matin ! Une date qui reste gravée dans la mémoire martiniquaise et même au-delà de notre île puisque cet événement a donné son nom à un type d’éruption volcanique, le type péléen. Manifestation caractérisée par une onde de choc violente, suivie de coulées de nuées ardentes et pyroclastiques, dévalant les flancs du volcan à une vitesse vertigineuse.
Saint-Pierre, aussi appelée le Petit Paris des Antilles, fut rayée de la carte et 30 000 personnes y trouvèrent la mort dans d’atroces souffrances.
Quel spectacle de désolation, cette si belle ville, où se pressaient naguère à la bourse du commerce de riches négociants français et caribéens. C’était par essence, la ville où il fallait être vu dans l’espoir de rencontrer du beau monde, où on allait tenter sa chance dans l’espoir de trouver une vie meilleure. Ville luxuriante, écrin de verdure, tout était majestueux.
Sur le plan économique ce fut un désastre : Saint-Pierre, alors reconnue comme la capitale mondiale du rhum, fut consumée ainsi que toutes ses distilleries, son usine sucrière, ses commerces. Saint-Pierre, ville détruite, anéantie, poumon économique de l’île et l’un des ports des plus importants d’Amérique centrale. En France métropolitaine, plus de 80 % des importations de rhum provenaient de la Martinique et la quasi-totalité des rhums martiniquais transitaient par le port St Pierre par le biais de ses nombreux négociants.
De plus, Saint-Pierre jouissait d’une rade magnifique où venaient mouiller de très nombreux navires. Au moment de l’éruption, on comptait à peu près 25 distilleries industrielles, essentiellement basées dans les quartiers du Fort et du Mouillage. Pouvant accueillir la mélasse provenant de tout le bassin caribéen, ces distilleries occupaient donc une place stratégique significative.
Les mélasses pouvaient en effet être facilement débarquées, distillées, conditionnées dans des fûts, puis chargées sur les gabares qui les acheminaient jusqu’aux navires. La production de rhum industriel était principalement destinée à l’exportation.
On comptait aussi environ 10 distilleries agricoles, situées dans la campagne aux alentours de Saint-Pierre parce qu’elles avaient besoin de grands espaces d’une part pour cultiver leur matière première, la canne à sucre, et d’autre part pour toute la machinerie inhérente à la production.
Pratiquement toutes ces distilleries agricoles captaient l’eau des rivières grâce à un système complexe de canaux, aqueducs, tunnels afin d’alimenter les roues à aube qui actionnaient les moulins.
Les martiniquais se gardaient la primeur de la production du rhum de ces distilleries agricoles.
Dans le nord de Saint-Pierre, il y avait une Usine Centrale, l’usine Guérin, la seule de la côte caribéenne à recevoir sa canne par barges, de Sainte Anne au Prêcheur.

Toutes ces infrastructures, d’abord détruites par l’onde de choc puis par la force de la nuée, n’étaient plus que ruines. On entendait des bruits de déflagration à des kilomètres de Saint Pierre, c’étaient les fûts de rhum qui, sous l’effet des 800 ° degrés de la nuée ardente, explosaient. La ville s’embrasait, la chaleur aurait atteint les 1 000°.
La renommée de notre Rhum Martiniquais suscitait chez certains négociants du monde bien des envies et déclenchaient des pratiques qui relèveraient aujourd’hui de publicité mensongère : avant, comme après le 08 mai 1902, fleurissaient des étiquettes très subjectives représentant un village créole au bord d’une rade au pied d’un volcan. Tout était fait de façon à faire croire que le rhum venait de Saint-Pierre.

Certains négociants n’ont pas hésité à représenter sur leurs étiquettes la montagne en éruption.
Plus encore, après le 8 mai, un rhum aurait été distillé dans une distillerie miraculée de la catastrophe.
D’autres, pour donner plus de valeur à leur rhum, assuraient qu’il avait été distillé la veille de l’éruption ou encore qu’il provenait des ruines de Saint-Pierre. Ces manœuvres étaient le fait de négociants peu scrupuleux, le rhum leur parvenait en vrac, charge à eux de le conditionner en bouteilles.
Saint-Pierre anéantie, la capitale du rhum balayée mais pas vaincue. La Martinique a toujours su préserver l’essentiel, la renommée de son rhum ! La première guerre mondiale, avec ses besoins de plus en plus importants en rhum, a contribué à revigorer ses pauvres poilus et à booster l’activité rhumière de l’île.
Mais aujourd’hui ce qui fait qu’il reste le meilleur rhum reconnu partout dans le monde, c’est son excellence !

G. DUVAL

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